Enquête citoyenne avallonnais

Enquête citoyenne avallonnais

Conclusion de l’enquête

Les personnes qui ont répondu à cette enquête, déclarent très majoritairement aimer vivre, travailler et se divertir dans notre territoire de l’Avallonnais Nord-Morvan. La vie est bonne ici. Il y a un fort attachement.

En contrepoint à cette appréciation positive, se dégage un sentiment de délaissement, d’un territoire qui n’est pas maître de sa destinée, qui subit plus qu’il n’anticipe et impulse.
Ainsi les grandes entreprises, les grandes institutions semblent avoir un rapport  utilitaire, voire prédateur à notre territoire; en tout cas elles sont peu à l’écoute, peu dans la concertation et la co-construction avec les habitants. En témoignent la fermeture de SKF, le départ de Conforama, l’exploitation intensive des forêts, l’état des services de santé avec un hôpital d’Avallon dont le service des Urgences est décrié, et le manque flagrant de spécialistes, ou encore la tension perpétuelle sur le système scolaire…

En parallèle au sentiment de délaissement, un sentiment d’impuissance voire de fatalisme ressort également (voir les verbatim), et il est fait assez peu mention d’un volontarisme des élus et institutions territoriales, quel qu’en soit le niveau, régional, départemental, communautaire, local. Il est difficile de dire s’il s’agit d’une information ou d’une communication défaillante de leur part, ou s’il s’agit d’une inadéquation entre politiques menées et besoins réels des territoires.

On peut souligner toutefois, que les associations et par là même les habitants sont acteurs et remplissent les “vides” institutionnels, pour partie en tout cas, par les réseaux d’entraide formels et informels, comme des circuits courts alimentaires, ou des associations culturelles notamment…
Toutefois, cela reste inopérant et insuffisant pour ce qui est du “vide” sanitaire (difficile de palier par soi-même le manque de dentistes, de gynécologues… ou encore la rareté des alternatives au véhicule personnel.)
Peut être services et commerces doivent-ils retrouver le sens des mots itinérance et proximité pour que nos territoires puissent, pour longtemps encore, satisfaire jeunes et moins jeunes dans leurs besoins essentiels : se nourrir, être en bonne santé, apprendre, travailler, se divertir… sans avoir à parcourir de nombreux kilomètres chaque mois, ou être contraint à l’exil vers les centres urbains, concourant ainsi à un mouvement entropique vidant les “campagnes”, au profit des “pleins” urbains.

Notre territoire, étant déjà répertorié comme faisant partie de la “diagonale du vide” par les géographes et sociologues, doit se prémunir à l’avenir de n’être qu’un réservoir spécialisé de matières premières (élevage et bois de résineux), et un espace récréatif de masse lors des vacances, pour rester un lieu de vie et d’épanouissement pour la diversité de ses habitants. 

Le tourisme est vital pour notre région, mais ne doit pas faire oublier que d’autres voies sont possibles pour réveiller une économie locale au service des habitants : épiciers ambulants, maraîchers, infirmiers, dentistes itinérants, services de voitures en partage… 

Puissent les futurs exécutifs régionaux, départementaux, locaux, entendre ce qui est modestement rapporté par cette enquête, qui rappelons-le ne prétend pas à l’exhaustivité, ni à la précision d’une enquête menée par les instituts habituels, mais qui a été menée avec rigueur et passion par de simples habitants de ce beau et riche territoire de l’Avallonnais et du Nord-Morvan.
Des habitants qui entendent bien y vivre une vie pleine, longue et agréable, et porter leur appui à toute initiative positive pouvant y concourir…